Par Boubacar CAMARA

Citoyen sénégalais

Mes chers compatriotes,

L’heure est à la mobilisation pour le bonheur des sénégalaises et sénégalais.

L’heure est à la générosité de tous pour traverser la triple crise sanitaire, sociale et économique dont les conséquences sur notre pays, le Sénégal, se font ressentir durement dans les ménages et les entreprises.

La souffrance et l’inquiétude ne sont plus à démontrer. Elles sont partagées et chacun gère sa part comme il peut, avec plus ou moins de courage et de réussite.

Les responsabilités des uns et des autres dans la gestion de la crise sont connues, les manquements, souvent inadmissibles et intolérables sont constatées. Au premier chef, l’État qui, malgré le déploiement de moyens importants est le premier responsable des insuffisances enregistrées dans la gestion de la crise.

Là aussi, chacun a sa part et la gère avec plus ou moins d’honnêteté et de responsabilité.

L’Histoire se chargera d’y jeter un regard objectif et exhaustif pour en tirer les leçons surtout pour les générations futures.

A la décharge de tous :

Reconnaissons la survenance de la pandémie de la COVID 19 comme une force majeure : extérieure, imprévisible et insurmontable, du moins momentanément car nous n’avons ni vaccin ni thérapie.

Reconnaissons que cette crise mondiale est difficile à gérer, suppose une expérience, une grande capacité de résilience, beaucoup d’intelligence et de souplesse, une prise de risques énormes et l’adoption d’une approche pleine de pédagogie doublée d’une grande fermeté chaque fois qu’il le faut.

Beaucoup d’entre nous l’ont compris :

A commencer par le personnel médical, du médecin spécialiste au technicien de surface qui nettoie les salles, dont on ne cessera jamais de magnifier l’utile et décisive contribution malgré des moyens insuffisants.

Certains compatriotes (personnes physiques ou morales) ont fourni d’énormes moyens matériels et financiers pour faire face aux charges imprévues et élevées.

D’aucuns ont partagé le peu qu’ils ont avec ceux qui n’ont plus le peu qu’ils glanaient avant la pandémie.

D’autres encore se sont lancés dans la sensibilisation par tous les moyens avec imagination et parfois même beaucoup d’humour.

Plusieurs de nos compatriotes infectés par le coronavirus vivent sous le stress de la bataille pour la survie et subissent une stigmatisation qui n’épargne même pas les dépouilles mortelles.

Beaucoup trop de nos compatriotes en sont morts laissant derrière eux un vide, une famille ébranlée et le souvenir douloureux d’un surprenant rappel à Dieu.

Beaucoup de nos compatriotes ont également compris la part de la main invisible de Dieu qui décide et éprouve. C’est pour cela que les prières ne manquent pas de la part de tous, toutes croyances confondues, sous la remarquable houlette des chefs religieux musulmans et de l’Église.

Chacun d’entre nous a pris sa part de prières avec plus ou moins de ferveur accompagnée, le plus souvent, d’une participation active à la sensibilisation pour l’observation des gestes de prévention.

Beaucoup de nos compatriotes de la diaspora ont subi de plein fouet les conséquences de cette étrange pandémie qui les a, à la fois, ruiné, privé du devoir et de la joie de venir en aide à leurs parents, jeté dans l’insécurité du lendemain et même obligé de s’inquiéter du sort de leurs futures dépouilles mortelles au regard du traitement humiliant, heureusement corrigé, réservé à leurs compatriotes décédés des suites du coronavirus.

L’observation et l’écoute permanente d’une part et, les retours que j’ai le privilège de recevoir quotidiennement d’autre part, m’ont permis de comprendre que nos compatriotes qui ont souffert et souffrent encore des conséquences de la pandémie attendent des leaders politiques qu’ils soient de vrais Hommes et Femmes d’État, productifs, et qu’ils apportent des solutions pertinentes et durables à cette situation inédite, complexe et difficile.

Au moment où les blessures saignent, où elles ne sont pas guéries encore moins cicatrisées, nos compatriotes n’attendent pas du pouvoir en place de continuer à gouverner comme avant et de l’opposition politique de continuer à s’opposer comme avant.

Le seul combat post COVID qui vaille est de trouver des solutions pour que chacun d’entre nous puisse déposer, rapidement, sa part de souffrance et d’inquiétude dans la corbeille de l’oubli.

L’heure n’est pas à la justification des actes manqués.

L’heure n’est pas à la défense de l’indéfendable.

L’heure n’est pas à l’insistance sur les raisons de l’échec dans la gestion concertée de la crise ;

L’heure n’est pas à l’identification et à la stigmatisation des ceux qui ont choisi, comme d’éternels roublards et cyniques, de profiter de la situation pour s’enrichir ou tromper la vigilance des citoyens inquiets.

L’heure n’est pas au calcul politicien pour tirer la couverture de son côté.

L’heure n’est pas au musèlement de leaders politiques et de la presse à l’aide de billets de banque rares pour acheter un silence ou un soutien bruyant et sans crédibilité sous prétexte de sensibilisation sur la COVID 19.

L’heure n’est pas à l’affaiblissement d’adversaires politiques radicaux en cherchant à les discréditer pour atténuer la portée de leurs critiques.

L’heure n’est pas à la transformation de la crise en « révolution » pour « abattre » un régime déjà mal-en-point.

C’est le moment de proposer un Programme commun de sortie de crise pour une durée de deux ans. Ce programme dénommé « TUMBI » (Émerger en wolof) permet de sortir la tête de l’eau pour éviter la noyade.

Les diligences à mettre en œuvre et la qualité des ressources humaines aptes à les conduire doivent permettre d’obtenir des résultats probants.

Les cinq axes de ce Programme sont les suivants :

  1. Relancer l’Économie.
  2. Sauver l’Education, la Santé et l’Emploi.
  3. Sauvegarder la démocratie.
  4. Revisiter nos relations internationales et la situation de la diaspora.
  5. Renforcer la gouvernance transparente.

En guise de contribution, je vous propose dix-neuf (19) mesures dans la deuxième partie de cet Appel.

Fait à Kinshasa, le 28 mai 2020

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